l’islam ? une religion violente ?

Arabesque

Que répondre à l’affirmation selon laquelle l’Islam est une religion violente en soi, dans ses textes et dans la pratique ?

Le concept du jihad comme 6ème pilier a été introduit au 13ème siècle par Ibn Taymiyya. Aujourd’hui, seule une minorité de musulmans le considère comme tel. Malheureusement, ce terme a été traduit à tort par « guerre sainte ». En effet, le sens original de jihad signifie en arabe « lutte jusqu’à la limite de tes forces ». La racine « jhd » veut dire « travailler avec zèle », « poursuivre avec vigueur un but déterminé » ou encore « fournir un effort ».

Le concept du jihad, élaboré par le Coran et la tradition ne se réduit pas à la guerre, mais il s’étend aux différents aspects de la vie

  • Un aspect personnel avec une dimension spirituelle : pour Mohammed, c’est le sens le plus important, le jihad majeur. C’est faire un effort sur soi-même pour lutter contre les tentations de ce monde et les intérêts égoïstes.
  • Un aspect social et familial, par le travail dans la volonté d’améliorer son niveau de vie.
  • Un aspect universel, relatif à la défense de la foi et de la communauté musulmane à travers le monde et le cas échéant, à l’expansion de l’islam : c’est le jihad mineur reconnu par Mohammed

Ce jihad mineur serait dans le but de convertir à l’islam les tribus idolâtres de l’Arabie. La sourate 2 190-195 explicite : Combattez dans la voie de Dieu ceux qui luttent contre vous. Ne soyez pas transgresseurs, Dieu n’aime pas les transgresseurs… S’ils vous combattent, combattez-les… S’ils s’arrêtent, cessez de combattre… soyez hostiles envers quiconque vous est hostile ; dans la mesure où il vous est hostile. »

Au cours de l’histoire, cette notion a été interprétée sous la forme de comportements belliqueux aux plus accommodants à l’égard des adversaires de l’islam.

Les attentats suicides sont l’objet de controverses très vives parmi les musulmans. La plupart des savants musulmans les condamnent, car ces attentats tuent des gens innocents. Les musulmans qui soutiennent ou s’impliquent dans des actions violentes sont une toute petite minorité. Souvent d’ailleurs les musulmans eux-mêmes sont victimes de ces violences.

Certains musulmans extrémistes utilisent les écritures pour justifier leur idéologie et proposent de mauvaises solutions à de vrais problèmes. Les société musulmanes sont confrontées à des défis majeurs (sociaux, économiques, politique et d’éducation). Pour combattre l’extrémisme, il est impératif de s’attaquer à ces problèmes.

De nombreux chrétiens se posent la question des réactions violentes des musulmans selon des circonstances. Pourquoi sont-ils si différents des autres croyants ?

Toutes ces questions nous renvoient à la nature même de l’islam, une religion qui englobe toutes les sphères de la vie humaine. Dans l’islam, il n’existe pas un domaine qui ne soit attaché à Dieu. La liberté individuelle trouve ainsi sa restriction face à la Loi divine. La notion du sacré garde une place centrale dans l’islam, ce qui explique les réactions parfois excessives, voire inqualifiables comme celles que nous avons connues récemment en France.

Cela rend les choses beaucoup plus difficiles à comprendre, surtout quand on les interprète à la lumière de la conception occidentale de Dieu. Un Dieu relégué à la sphère privée, à une question de croyance purement personnelle.

Notre héritage français anticlérical issu de la Révolution fait de nous l’un des rares pays à être aussi complaisants face au blasphème, à la différence de certains de nos pays européens, qui disposent d’une loi punissant le délit de blasphème. Avec toutes les cultures différentes vivant en France et pour un meilleur vivre-ensemble empreint de respect mutuel, ne faudrait-il pas redéfinir notre liberté de parole, surtout quand celle-ci se déplace sur le terrain sacré pour l’autre ?

Pour en savoir davantage, cet extrait est tiré de l’ouvrage « L’islam en (20) questions » de JC, édité par les Editions Mennonites disponible dans les librairies chrétiennes.

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