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Dieu agit

19 mai 2022

Bénir les nations

L’indispensable collaboration entre mission et Églises

En pays musulman, une Église sans direction ?

L’Église où je suis actuellement pasteur est passée pendant plusieurs années par une phase d’incertitude. Présente en Afrique du Nord depuis 1882, elle est essentiellement fréquentée par des chrétiens non natifs du pays. Ainsi, au fil des retours au pays d’origine, des décès, de la fin des études des uns et des autres, les départs se sont succédé. Se surajoutant à l’absence de pasteur pendant plusieurs années, ce phénomène a peu à peu érodé l’Église.

Les sept membres restants commençaient à imaginer une fermeture de leur lieu de culte. C’est alors qu’un missionnaire, lui aussi membre de l’Église, fait preuve de discernement. Il voit l’Église non pas simplement pour elle-même ou dans sa situation du moment, mais dans son contexte global. Et son constat est clair : « On ne ferme jamais le bâtiment d’une église dans un pays musulman, car il est quasi impossible de le rouvrir » ! Mais comment faire concrètement ?

Dans un premier temps, les membres de l’Église feront appel à des organismes missionnaires pour faire face au plus urgent : le manque de cadres ecclésiaux. Restés longtemps sans réponse, leurs efforts sont enfin couronnés de succès : l’Église bénéficiera de la présence de pasteurs pendant plusieurs années. Ces derniers ont pour la plupart été envoyés et soutenus financièrement par le biais d’organismes missionnaires tels que MENA.

La vie de l’Église à court terme est assurée ; la question de sa pérennité sur le long terme devient primordiale. MENA a notamment aidé mon Église en se faisant l’intermédiaire entre les membres pressentis pour se former et des instituts bibliques, tels que l’IBG. Cette véritable mise en réseau entre structure de formation, Églises d’envoi et d’accueil et organismes missionnaires a permis de maintenir l’Église ouverte tout en favorisant son maintien par des membres autochtones sur le long terme.

Les organismes missionnaires et les Églises : un partenariat à double sens

Dans nos milieux ecclésiaux, nous avons une bonne connaissance de l’aide que peuvent apporter les organismes missionnaires aux Églises d’accueil. Le témoignage de mon Église retrace cela très bien.

Les Églises d’envoi peuvent elles aussi bénéficier de l’expertise des organismes missionnaires. Je remarque que de nombreuses Églises aimeraient s’engager pour la mission. Cependant, elles se trouvent rapidement confrontées à toutes sortes de questionnements. Comment s’impliquer dans un travail missionnaire, de près comme de loin ? Par où commencer ? Quels sont les besoins ?

Les organismes missionnaires sont de véritables traits d’union qui relient utilement l’aide financière et humaine que peut apporter l’Église d’envoi et les besoins de l’Église d’accueil. Actes 13 est un encouragement pour les Églises d’envoi : soutenir et envoyer des missionnaires dans d’autres contrées, c’est participer à l’œuvre divine de bénédiction. Les premiers versets de ce chapitre m’interpellent : l’équipe qui œuvre à Antioche est multiethnique. Barnabas était originaire de Chypre, Siméon est probablement surnommé le Noir en raison de sa couleur de peau, Lucius venait sûrement de la Libye, Manahem avait ses entrées à la cour royale, Paul était natif de Tarse. L’Église d’Antioche est donc au bénéfice d’un mouvement missionnaire régional ou mondial et elle est à son tour appelée à participer à l’œuvre missionnaire globale.

Dans le même temps, les Églises d’accueil sont un soutien nécessaire pour l’action des organismes missionnaires sur le terrain. L’implication des missionnaires dans les sphères sociales, médicales, économiques ou encore éducationnelles est facilitée grâce à l’appui de l’Église locale. Cette dernière est alors, non seulement, un lieu de culte pour les internationaux, mais aussi un intermédiaire précieux pour favoriser l’acclimatation des missionnaires sur place et leur compréhension des enjeux locaux.

Cette mise en réseau des Églises et des organismes missionnaires est plus que nécessaire pour maintenir une présence chrétienne dans les pays musulmans. Il faut y œuvrer ensemble par le biais de conférences et de consultations communes, mais aussi et surtout par la prière.

Garder le cap fixé par Dieu pour son Église

Le partenariat entre MENA et mon Église nord-africaine est fructueux tant pour la croissance de l’Église que pour son rayonnement dans notre pays. La collaboration entre Églises et organismes missionnaires crée un terreau bénéfique à une culture d’Église missionnaire.

Bénir les nations est la direction que Dieu donne à chacune de nos Églises, qu’elles soient occidentales ou d’Afrique du Nord. Nous sommes appelés à maintenir ce cap. Actes 13 démontre aussi qu’une Église, même naissante, peut apprendre à « lâcher prise » sur certains de ses membres pour les envoyer vers d’autres pays.

D’Église d’accueil nous pouvons devenir Église d’envoi et vice-versa, mais nous devons toujours rester Église, c’est-à-dire entrer pleinement dans le projet de Dieu de bénir les nations au travers de l’annonce de l’évangile de Jésus-Christ.

Freddy, Pasteur en Afrique du Nord

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